Theodora Domenech // Artpress.com
3 octobre, 2016

Laura Porter, The Future of Dry: du 03 au 29 septembre

Pour sa première exposition personnelle en galerie, Laura Porter a donné une importance peu commune à la vitrine. Une brochure pédagogique donnant des étalons de mesure de quantités de graisse alimentaire fait une singulière devanture ! L’exposition s’annonce comme une décomposition analytique d’un sujet étrange : la mesure scientifique de l’ « étalon-graisse ».

La première installation, Poor Man, Good Water, tranche avec le ton scientifique par la présence de deux objets : un rideau de taffetas d’un saumon décoloré et un cure-dent de poche en ivoire. L’un évoque l’espace domestique et le rituel du repas familial, l’autre l’effacement des traces laissées par la nourriture sur son propre corps. Ils sont encadrés par deux éléments posés au sol, qui ont en commun une bande horizontale noire semblable à une moisissure. Corps domestique, intime, ou étranger ? La mesure scientifique est incapable de traiter l’organisme sous ces différents aspects, ce qui crée un premier effet de dissonance. La variété des matériaux – de la mousse EVA aux graines de Nigelle – renforce à son tour l’équivoque du thème initial.

Cette juxtaposition d’éléments synthétiques et naturels se retrouve dans toutes les installations de Laura Porter. Foam Home, que l’on découvre dans un deuxième temps, est la plus emblématique de ce style. On y voit une succession d’empilements. Un tapis de graines de Nigelle est surélevé en certains endroits, laissant deviner la présence d’objets cachés. Par-dessus, on voit un lit de haricots secs, au-dessus desquels sont posés – dans l’ordre – un amoncellement régulier de mousses, une plaque de verre découpée, un film plastique coloré, de la mousse encore, puis un amas de graines de moutarde. Sans être spectaculaire, le rapport entre les formes découpées d’un côté et l’aspect « informe » de certains matériaux de l’autre rend la composition fascinante.

Attenant à cette construction, un film de mousse EVA rectangulaire blanc et ponctué d’empreintes de haricots secs fait penser à un langage codé : dévoile-t-il une règle de construction ? Car l’assemblage des matériaux et des formes semble répondre à une logique absolue mais que nous ne parvenons pas à identifier. L’œuvre de Laura Porter provoque chez le spectateur une quête frénétique de sens. Chaque détail fait écho à un autre, tout en apportant une nouvelle étrangeté. On croit saisir un fil directeur ; il se défait en permanence par une opposition perpétuelle de champs sémantiques irréconciliables.

Différentes œuvres jalonnent l’espace jusqu’à une installation finale, Bust, qui utilise un vocabulaire plus virtuel qu’organique. On y retrouve une variété de textures – PVC, tissus, céramique, plante – mais la moquette posée au sol aplatit les volumes, créant un effet 2D. La vidéo diffusée sur un écran enveloppe l’œuvre de sa bande sonore, de sorte que l’ensemble paraît faire partie intégrante du film. L’installation-image fait alors échos à l’affiche pédagogique de la vitrine, donnant à toute l’exposition l’aspect d’un tutoriel scientifique surréaliste.

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Marianne Derrien // Thankyouforcoming.com
juillet, 2015

Infiltration / Ergonomie / Propagation

Au sein de ces installations évolutives principalement placées directement au sol, Laura Porter compose et assemble différents usages /matériaux/sources : un rétroprojecteur, de faux ongles customisés, des plantes succulentes "doigts de sorcières", des graines de haricots germées disséminées, des asperges artificielles. Comme l’indique Laura Porter : "je réalise principalement des installations à partir d’objets industriels et inertes (objets ergonomiques, matières plastiques ou organiques, texture, lumière…). Mes recherches portent sur les systèmes de production et les paradoxes de la valeur. (…) Je travaille actuellement sur un projet qui s’intitule Royal Secrets in the Queen’s Body Fat, titre emprunté à une étude sur le rôle joué par la royalactine, composant de la gelée royale, dans la distinction entre abeilles ouvrières et reines. Le système de production et de division du travail des abeilles tire sa hiérarchie et son ordre de cette dépense faite dans l’engraissement. En partant de ce phénomène, mon étude explore le rôle du corps humain dans les économies de production actuelles, en particulier les objets ergonomiques, les matières synthétiques, et l’industrie du jetable."
Ses œuvres infiltrent les espaces d’exposition et les espaces peu dédiés à ces formats de monstration (bureau, parking,..). Plongé dans une multitude d’artefacts, cette propagation des éléments et des composants font advenir un univers étrange et fantastique souligné par les jeux d’ombres et de lumières qui accompagnent ce foisonnement vivant de textures et de motifs. Tips, sa dernière installation à la Galerie See studio fait état de ces récentes recherches qui imbriquent/customisent de faux ongles avec la figure de Nick Woodman, l’inventeur des caméras GoPro, "des appareils bon marché et populaires permettant de filmer la réalité dans toutes les situations et qui peuvent se fixer sur différentes parties du corps permettant de capturer l’image du corps sous des angles inédits."

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Valentin Lewandowski // communiqué de presse

Laura Porter - The Future of Dry

Les installations et sculptures de Laura Porter sont composées d’éléments simples dont les répétitions désintéressées s’allient parfois aux traits menaçants d’une figure. Elles emploient un style similaire à celui de « court-circuit » qui caractérise selon Freud le mot d’esprit, à travers lequel « la pensée cherche un déguisement spirituel, parce que, grâce à lui, elle se recommande à notre attention et peut nous sembler d’une importance et d’une valeur plus grandes, mais avant tout parce que cet habit soudoie et embrouille notre raison critique ». Laura Porter est originaire de la Nouvelle-Orléans. Plusieurs éléments de sa culture se retrouvent dans son travail : le tri des
bons de réduction ; les chars de Mardi Gras ; les doubloons, monnaie de pacotille semblable aux jetons de casino... Mais ce sont surtout les haricots rouges, « incréments » interchangeables et combinatoires, qui reviennent régulièrement dans ses œuvres.

The Future of Dry, (Le Futur du Sec) première exposition personnelle de Laura Porter à la galerie Escougnou-Cetraro, s’ouvre sur des images tirées d’une brochure distribuée à des sujets dans le cadre d’études scientifiques visant à quantifier leur consommation de graisse à partir de standards de mesure. Outre des figures schématiques numérotées, on y trouve notamment des représentations abstraites d’« amas » (mounds) de différentes tailles. Elle a choisi de reprendre ces figures et de les marier à d’autres quantifications, comme une pièce de monnaie-étalon permettant d’évaluer la taille réelle de plantes sur des photographies (Penny Perspective) ou un fauteuil divisé en boudins (Like Farming). Les installations, sculptures et vidéos qui composent The Future of Dry tiennent quelque chose du camouflage, entendu à la fois comme mimétisme (dans les produits industriels et les aliments), et comme stratégie du joueur, du parieur. Las empilement de couches, support des êtres et des choses, le sol en est la surface principale, et le générateur des richesses.

° ENGLISH °
Laura Porter - The Future of Dry

Laura Porter’s works are composed of common, rudimentary elements in offhand iterations often building-up towards some creeping figure. Several aspects of Laura Porter’s native New Orleans culture come up in her work: Mardi Gras floats and doubloons, sorting coupons, tailgaiting, and red beans in particular appear regularly as «increments,» interchangeable units. Her humourous, short-circuited style is similar to what Freud characterises as witticism : «Thought seeks a witty disguise because it recommends itself to our attention and can appear more important and valuable... above all this disguise fascinates and confuses our reason.»

The Future of Dry, Laura Porter’s first solo exhibition at the gallery Escougnou-Cetraro opens with images from a “Food Amounts Booklet,” a brochure distributed to subjects in studies and used as a standard of measurement in quantifying their fat intake. Ceramic “Mound” food standards meet with other measures – such as a coin used to assess the size of plants (Penny Perspective) or a medical table divided into chunks (Like Farming). Her works take something from camouflage – from the mimicry of industrial products to the player, the gambler. In Laura Porter’s work, the ground, a weary stack supporting people and things, is the main surface and the generator of wealth.

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Julien Jourand //
aout, 2016

Laura Porter

Le travail de Laura Porter est une présentation organisée et assez hétéroclite d’objets vivants ou inertes, comme un paysage ou une nature morte baroque et fantastique, où nul être humain n’apparaît.

L’évocation la plus proche d’un corps entier dans le travail de Laura est celle de son installation Slack, où une vieille chaise orthopédique mise debout évoque une silhouette humaine. Dans toutes ses œuvres, des matériaux prosaïques indiquent encore la présence humaine : biens alimentaires, faux ongles, coussins.

Par l’amoncellement presque maniaque d’objets très précis, on perçoit une sorte de tentative de quantification. Issue d’une famille de la banlieue de la Nouvelle-Orléans, Laura Porter a une fascination pour un aspect de la culture qu’elle nomme "gras". Et il y a décidément un rapport dans son œuvre à ce qui est "mangeable".

Cette obsession pour le monde de la consommation se traduit notamment dans une œuvre comme Pervert’s Tailgate: sur une place de parking souterrain jaillissent du coffre ouvert d’une voiture des centaines de bons de réductions. Y scintillent aussi des faux doublons en papier d’aluminium, tandis que gît sous la lumière des feux arrière un renard en aluminium. L’utilisation de la lumière par Laura Porter indique une volonté de dramatiser. De fait les paysages qu’elle crée par agencement d’éléments divers peuvent tout autant rappeler, par une étrange inversion, les jardins anglais que des scènes de films noirs.

Les multiples évocations du corps sont dérangeantes : laine de verre, chevelure, faux ongles imprimés d’une effigie de Nick Woodman, le fondateur de Go-Pro. Il y a une volonté d’évoquer, par la culture populaire et l’Internet notamment, comme un microcosme contemporain : végétal, humain, plastique et électricité comme éléments organisant une certaine économie de vie. Mais c’est un microcosme très éloigné de l’idée d’un monde ordonné par l’homme : ici, c'est le mangeable qui construit et articule. Et par ses titres, toujours très présents dans ces œuvres, on se demande si nous ne métabolisons pas autre chose en plus de la nourriture. Notre parole est-elle seulement le véhicule de nos idées ou bien est-elle aussi matérielle ? Cette question de la matérialité, du corps, du langage, traverse l’œuvre de Laura Porter.

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Lydie Blanc // Jeune Creation
janvier, 2017

Laura Porter

Articulant différents types de matériaux (synthétiques, alimentaires et végétaux) où s’insèrent parfois des objets artisanaux ou manufacturés, le travail de Laura Porter interroge les moyens de production de la valeur. Œuvrant principalement au sol qu’elle envisage comme un écran, l’artiste met à plat ces éléments pour se réapproprier leurs symboles. Cette organisation sémantique se traduit ainsi au sein de compositions plastiques aussi rigoureuses qu’étranges, formant de petites économies technologiques et nutritionnelles. Ses sculptures et installations, s’imposent alors à nous tels des systèmes en train de s’animer, produisant quelque chose d’insondable. En y regardant de près, ces dernières se répondent entre elles par l’introduction et la répétition de certains fragments, constituant ainsi la trame d’une œuvre protéiforme.


° ENGLISH °
Laura Porter

Articulating different types of materials (synthetic, organic, edible) and sometimes even crafty or manufactured elements, Laura Porter’s work considers modes of value production. Laura’s compositions are often on the floor that she sees as a screen where she lays-out and stacks elements, re-appropriating their symbols. This semantic organization translates into compositions as rigorous as they are strange - forming small technological and nutritional economies. Her sculptures and installations impose themselves as systems in the process of becoming animated. Laura’s most recent works, respond to each other through the relay and repetition of certain fragments - making up a rich and layered body of work.

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Julien Carrasco // Point Contemporain
septembre, 2016

Sourdre, le futur de l’émergence

Dans la vitrine de la galerie Escougnou-Cetraro, Laura Porter a reproduit en grand sur toute la surface visible, un document recensant des mesures alimentaires proposées par une enquête à laquelle l’artiste a participé pendant de nombreuses années. Sans légende, ces formes sont les premiers indices ergonomiques qui signalent les variations du travail de Laura Porter.

L’exposition fluctue ensuite entre deux salles: la première qui regroupe sept installations flottant dans la galerie, et la deuxième qui présente deux scènes, une grande scène en moquette sur laquelle le visiteur ne peut pas marcher, incluant des objets, des structures ainsi qu’un écran diffusant un film d’animation, plus une étagère en vis-à-vis.

Cette première proposition d’ensemble du travail de Laura Porter offre l’émergence de formalisations conceptuelles, proches d’un effort graphique revendiqué par l’artiste – qui compile par ailleurs des dessins, et une dimension narrative, voire sociale, moins explicite.

Les fondations d’une réalité fluctuante

Les « amas » ou « mounds » affichés dans la vitrine prennent finalement un peu de volume. Silhouettes plus fragiles que leur aspect métallique ne le laisse croire (elles sont en terre chamottée émaillée), ces sculptures sont des signes qui marquent l’entrée dans une autre dimension.

La réalité est ici variable, fluctuante et pourtant retenue. Comme une retenue d’eau, comme une flaque insistante après le retrait des eaux, comme la germination qui suit la submersion des terres, comme l’organisation spontanée et fragmentée de la matière générée à partir du sol. Et cependant la réalité est encore une ressource à maîtriser. Et l’artiste propose d’anticiper ces conditions parfois inconciliables.
Projeter le futur du sec, c’est anticiper une stabilité, un sol qui n’est pas encore fondation au moment où on le traverse.

Un petite planche de bois tient bon sa verticale, accrochée à un bloc de savon qui simule le marbre. Ebauche ou ruine d’un édifice sur un terreau de graines de nigelle et un filtre de papier.
Un panneau bleu garde lui aussi la trace d’un niveau où se fixent les graines de nigelle.
Un rideau de couleur chair flotte au-dessus du sol et accueille le cadran d’un baromètre imaginaire où d’une horloge schématiquement fossilisée.
Ce regroupement de trois installations forment « Poor man, Good water« , comme la fatalité d’une rigueur et la possibilité d’une réalisation.

A l’opposé de la pièce, sur la gauche, dans le coin : une autre planche décollée, où apparait la courbe sinueuse d’une colle ancienne, mimant mal une rivière, et d’où jaillissent, comme jaillissent des vers de terre ou des germes tenaces, de petites lamelles de métal attrapées à plat par le bois.

Au sol, une installation tente aussi une verticalité laborieuse. Une planche translucide, teintée couleur chair, est soulevée elle aussi par des blocs de mousses. En écho à « Poor man, Good water » on retrouve ici des velléités de volume ou une organisation proto-architecturale qui laisse deviner une présence. Ce rose chair bien sûr mais aussi cette tuyauterie, ces compresses, et le fourmillement discipliné de formes de flageolets sur une surface blanche, sorte de maquette en cours de métamorphose.

L’intention de se soulever, de se positionner au-delà de l’horizontalité incertaine du niveau de l’eau, malgré ses vertus, devient ici concrète. De ce sol, on suppose un affranchissement possible. Le tableau accroché au mur le signale : comme un tiroir mis à la verticale, il confronte la trace de résidus, la grille de lecture d’un temps passé, à hauteur d’homme.

Émergences

L’espace mental qui régissait les forces en présence dans la première salle se déploie ainsi dans la deuxième salle de l’exposition en plusieurs narrations.

Laura Porter propose une scène. Les deux tiers de la pièce sont recouvertes d’une moquette de couleur peau sur laquelle on trouve quatre éléments : une structure et un tissu, disposés comme un sac de couchage ouvert et déroulé, des « poils » ou crottes aux reflets métalliques (toujours la terre chamottée) qui la jonchent, un collage de bons de réduction sur feuilles d’or et un écran diffusant un film d’animation.

Aucune trace de corps explicite, rien de flagrant sinon le déguisement de la matière qui simule ce qu’une présence humaine impose et abandonne dans son échange avec l’espace. Cet univers-là ne se mesure pas aux échanges économiques, il est infra-économique. « Mes recherches portent sur les systèmes de production et les paradoxes de la valeur« , expliquait Laura Porter lors d’une précédente exposition.

Alors que le matérialisme historique et les courants utopistes ont porté attention sur la valeur du travail et l’exploitation des corps des travailleurs, il me semble que l’artiste soulève ici la question de la valeur et du vivant en assimilant les faux-semblants de la représentation post-moderne. La porte d’entrée de la galerie ouvre ainsi sur la possibilité d’un corps comme d’autres parlent de la possibilité d’une île. Le poids symbolique du corps est ainsi évacué, et tout le pathos qu’il peut porter avec.

Germinations dans l’écluse

La galerie Escougnou-Cetraro joue ici le rôle d’écluse. Laura Porter utilise cet espace comme un lieu de remise à niveau entre des ordres de perception difficilement compatibles.
Il y a trois ans, Laura Porter travaillait sur une installation intitulée « Swamp meat »: “Le titre « Viande marécageuse« , expliquait le site Abilene(1), évoque quelque chose d’étrange, qui se cache sous la surface épaisse, spongieux, un morceau du réel qui menace d’émerger. L’installation était constituée de verre de sucre, d’une nappe de pétrole et de croissance de champignons alimentaires.

Cette année, rue Saint-Claude à Paris, nul champignon mais la répétition du haricot, des graines de nigelle et du savon.
Les graines de nigelle qui fixent le niveau des eaux dormantes, stagnantes ou effacées.
Le savon qui matérialise l’effacement, le déguisement, et l’agent rêveur du sec futur (une pièce étonnante présentée dans le bureau de la galerie signalait cette rêverie dans un bloc de plexiglas imprimé, production inédite pour l’artiste, d’une forme hybride entre savon, oreiller et peau).

Le haricot, cette forme mijotée comme un leitmotiv support/surface à l’étouffé, n’a rien de menaçant. Elle nous rappelle simplement combien nous avons à perdre au change du réel. Elle n’est pas monnaie d’échange, elle est le prototype de ce qu’il nous reste quand tout est submergé: une brique alimentaire, minimale, aux qualités organiques, architecturales, décoratives et emblème, comme le savon, d’une ironie sous-jacente.

L’étalon de cette ironie pour cette exposition, c’est le « Hobo Coin« . Sur une étagère de la deuxième salle, à hauteur d’homme elle aussi, Laura Porter a déposé une autre sculpture en terre chamottée jouant avec la texture du métal et la nature altérée de l’objet représentée. Pièce de monnaie de peu de valeur gravée devenue monnaie courante chez les « Hobos », vagabonds américains, le « Hobo coin » devenait là le visage de l’échange. Le leurre précieux qui masque une absence, une altération et finalement une altérité. Sur le bas relief de cette pièce démesurée, on aurait juré reconnaître Walt Whitman, « Hobo céleste » comme Jack Kerouac pouvait être “clochard céleste”.
C’est à l’auteur des « Leaves of Grass » (« Feuilles d’herbe »), qui chantait le corps électrique, qu’aurait pu être dédiée cette étagère contemporaine où une surface verte synthétique percée de poils avaient remplacé la vigueur du corps, tandis que plus bas, près du sol bientôt asséché, germaient d’autres mondes.